漂流香

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我愿意不断地行走,行走,沐浴自然的恩慈......去热带,看开得异常繁盛的花,淋一场忽如其来的雨,喝浓郁苦涩的热带咖啡,沉没于此。 <<<达能案例分析 | 首页 | 艾格案例分析>>> 苹果及其iPod,麦金托什cube案例分析 时间: 2004-05-15 Cas d'école iPOD Comment le baladeur iPod a réveillé Apple

Voir tous les Cas d'école DR A voir également ................................................... Par Linh DEGUINE, LE FIGARO Entreprises, novembre 2003 .................................................. EN MISANT L’AVENIR DE L’ENTREPRISE SUR LE FORMAT MP3, STEVE JOBS L’A SORTIE DE SA “NICHE” INFORMATIQUE. LE PROBLÈME : Apple a fini de voir baisser ses parts de marché dans les micro-ordinateurs. Tout espoir de redevenir un grand de ce marché est perdu. Il fallait trouver d’autres pistes. LA SOLUTION : Le constructeur lance l’iPod, un baladeur pour écouter de la musique au format MP3, le standard sur Internet. L’iPod est compatible avec le système Windows de Microsoft. LES RÉSULTATS : Sans avantage technologique particulier, l’appareil affiche les meilleures ventes de sa catégorie et redonne un coup de fraîcheur à la marque Apple. .................................................. AVEC L’IPOD, vous n’écouterez plus jamais la musique de la même manière ». C’est du moins ce qu’assurait Steve Jobs, le fondateur et PDG d’Apple, en octobre 2001. La firme à la pomme amorçait alors un tournant de son histoire... dans l’électronique grand public, avec le lancement de l’iPod, son tout premier baladeur portatif numérique. Les auditeurs avaient de quoi être sceptiques. Le prophète Jobs a déjà annoncé plusieurs révolutions qui n’ont pas eu lieu. Mais moins de deux ans après son lancement, l’appareil est numéro un des ventes en Europe (et numéro cinq aux États-Unis), malgré une arrivée tardive sur un marché déjà encombré. Pour l’hebdomadaire américain Business Week, il s’agit de la plus belle réussite commerciale de l’histoire du fabricant. Le succès est d’autant plus important que, pour la première fois, il dépasse la sphère des inconditionnels de l’univers Mac. Apple a fait avec son baladeur ce qu’il avait raté avec l’ordinateur Cube (Le Figaro Entreprises du 15 octobre 2001) : faire de l’iPod l’objet le plus désiré du marché, alors même qu’il ne s’agit pas du produit le plus performant, ni même du meilleur marché. Pour y parvenir, Jobs a utilisé une stratégie de communication vieille comme le monde : le bouche à oreille. Mais d’abord, pourquoi la musique numérique ? Steve Jobs avait posé les fondations de la nouvelle révolution Apple dès octobre 1999 avec le lancement du logiciel de montage vidéo iMovie. Pour lui, cela ne fait aucun doute : l’avenir sera numérique et le micro-ordinateur sera le centre de cette nouvelle vie digitale. Un centre vers lequel tout convergera : appareils photo, caméras numériques, lecteurs MP3... Il devient donc urgent pour la marque informatique qui fait référence auprès des professionnels de la création de développer des logiciels qui faciliteront la numérisation de toutes ces données. D’un bout à l’autre de la chaîne numérique Avancer est d’autant plus urgent que, sur le marché de la micro-informatique, la part du fabricant ne dépasse que difficilement les 5 %, contre 9,4 % six ans plus tôt. Il faut impérativement trouver de nouveaux relais de croissance. En janvier 2001, Apple se lance donc sur les marchés prometteurs de la photo numérique, avec iPhoto, mais aussi et surtout sur celui de la musique numérique avec le logiciel iTunes. Chaque utilisateur Apple peut désormais compresser la musique de ses CD au format MP3, les stocker sur son disque dur et créer ses propres compilations personnalisées. « iTunes est à des années lumière de tout autre juke-box numérique, annonce alors Steve Jobs. Nous espérons que l’extrême facilité d’usage de son interface permettra à un nombre encore plus élevé de personnes d’entrer dans la révolution de la musique numérique. » C’est que le fondateur charismatique de la firme à la pomme a déjà en tête des projets beaucoup plus ambitieux. Il ne s’agit pas seulement de développer un nouveau segment de logiciel, mais bien d’investir un marché à l’autre bout de la chaîne, qui ne connaît encore aucun leader de poids. En 1999, en pleine euphorie pour l’Internet et alors que tout le monde ne parle plus que de l’explosion de la musique numérique, les taux de pénétration en matière d’équipement ne sont pas encore là. En France, il ne s’est vendu que 2 500 baladeurs MP3 sur toute l’année 1998 ! Entre 1999 et 2000, on passe de 8 000 à 25 000 unités écoulées (source GfK). Trois fois plus, mais pas encore de quoi parler de boom. Le plus facile d’emploi et le plus beau À l’époque déjà, nombreux sont les géants de l’électronique grand public à s’être lancés sur le créneau. Sony, Thomson Multimedia, Grunding, Matsushita, Samsung, Toshiba proposent des appareils qui s’appuient sur des mémoires flash. Mais ils sont encore trop chers et trop complexes pour des capacités trop limitées, ce qui réduit le marché à un petit nombre de pionniers de la technologie. À côté de ce segment encombré apparaît bientôt une nouvelle forme de baladeurs MP3, dotés d’un disque dur, un peu plus chers mais plus performants. Seuls deux acteurs sérieux sont alors répertoriés en France : le taïwanais Creative et le français Archos. Il y a une place à prendre. L’iPod arrive sur le marché en novembre 2001 avec un positionnement très clair : il n’est pas le plus puissant, il n’est pas le moins cher. Mais il sera sans conteste le plus facile à utiliser, le plus intuitif et le plus beau. Il se place d’emblée sur le créneau des lecteurs MP3 à disque dur, se réservant ainsi la possibilité d’évoluer en capacité et en puissance avec les besoins du marché. Car nul besoin d’aller plus vite que la musique. Le premier modèle iPod permet déjà d’écouter dix heures de musique en continu avec une capacité de stockage de 1 000 titres. Mais, pour l’heure, ce sera amplement suffisant. Côté utilisation (l’interface), l’équipe de développement d’Apple a tout simplifié et épuré, de telle sorte que, de l’extérieur, l’appareil apparaisse totalement « détechnicisé ». Pas de fonction mystérieuse, pas de bouton caché. Toutes les commandes se trouvent sur le devant de l’appareil. L’iPod a été pensé pour être utilisé de manière très intuitive. Au point qu’il n’y a pratiquement pas besoin de mode d’emploi. « On pourrait presque l’avoir dans les mains pour la première fois et comprendre immédiatement comment il marche », salue Michael McGuire, analyste à l’institut de marketing Gartner. Aller chercher des clients dans l’univers Windows Rien n’a été fait au hasard. Le baladeur MP3 d’Apple a été logiquement et stratégiquement pensé en totale complémentarité avec le logiciel iTunes. En amont, l’importation des morceaux MP3 stockés sur le disque dur d’un micro-ordinateur vers le disque dur du baladeur se fait de manière pratiquement instantanée. Pascal Cagni, vice-président marketing d’Apple Europe, l’assure : « L’iPod ne serait rien sans iTunes. » Comme tous les produits commercialisés par la marque à la pomme depuis le retour de Steve Jobs aux commandes d’Apple, l’iPod est aussi très « design » à l’origine des formes fluides, lisses, épurées, on retrouve encore le créatif Jonathan Ive. Mais à la différence du Cube, micro-ordinateur supposé marquer une révolution esthétique, l’iPod est là au service de réelles performances techniques et bénéficie d’un positionnement de prix mieux adapté. Cette fois, il ne s’agit pas de toucher uniquement les aficionados de la marque à la pomme. Steve Jobs veut aller plus loin. Beaucoup plus loin. Il veut remporter l’adhésion de l’ensemble des leaders d’opinion, précurseurs de tendance et autres « bourgeois bohèmes » à la recherche de signes extérieurs de branchitude. Que leur ordinateur soit un Mac... ou un PC. Dès le début, Apple prépare en effet le passage de l’iPod dans le monde de Windows, qui était jusqu’ici un univers honni. Un objet de désir Faire accepter un appareil Apple par des utilisateurs de PC n’est pas une chose aisée. Pour y parvenir, Steve Jobs ajoute un ingrédient clé, une stratégie de communication destinée à faire de l’iPod l’objet le plus désirable que le marché des lecteurs MP3 ait jamais porté. Il ne s’agit pas de lancer une simple campagne de publicité mais d’enclencher une véritable machine destinée à alimenter le bouche à oreille autour du produit. Pour ce faire, il ne faut donc pas rater la première étape cruciale : la conférence de presse de lancement, devant une quarantaine de journalistes du monde entier, soigneusement sélectionnés. Après une classique intervention menée de main de maître par Steve Jobs, chacun repartira avec un iPod renfermant l’équivalent d’une centaine de titres que le dirigeant a lui-même choisis parmi ses artistes préférés. Quelques jours plus tard, Apple a fait envoyer à l’ensemble de ses invités un énorme colis : il contient exactement les 100 morceaux sous forme de CD qui ont servi à alimenter l’iPod. Le message est facile à comprendre, les relais d’opinion feront le reste. A VOIR EGALEMENT :

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Voir tous les Cas d'école DR A voir également ................................................... Par Linh DEGUINE, LE FIGARO Entreprises, novembre 2003 .................................................. Un million d’unités en dix-huit mois Le même message est repris par la suite à l’occasion de la campagne publicitaire classique qui sera lancée pour soutenir les débuts de l’iPod. Et la firme de Cuppertino n’a pas encore dit son dernier mot. En France, Apple organise des événements, comme lorsque l’iPod s’installe à l’affiche de l’Olympia ! Pendant toute une nuit, un défilé des disc-jockeys emblématiques de la scène électronique (Dimitri from Paris, Bob Sinclar etc.) mixe avec du matériel exclusivement Apple. Au total, 2 000 personnes assistent à l’événement. Ce sont des personnalités des médias mais aussi du show-biz comme Mathilda May, Raphaël Mezrahi, Henry Chapier... Autant de voix qui comptent dans le petit monde qui fait et défait les modes. Pour Apple, en outre, c’est le début d’un vaste déploiement de l’iPod partout où l’univers musical le demandera. De l’Alcazar à Paris en passant par le Midem à Cannes. On est loin, très loin de l’ambiance du salon Apple Expo ou des foires informatiques habituelles. La stratégie s’avère payante au-delà des espérances du constructeur. Dans les quelques mois qui suivent, on retrouve dans la presse des références de poids du milieu artistique, tels Gérald de Palmas en France, ou Bono, le chanteur du groupe U2 aux États-Unis, avouant aux journalistes qu’ils utilisent eux-mêmes un iPod. Des échos qui paraissent non pas dans la presse professionnelle, mais dans les magazines grand public, comme Vanity Fair aux États-Unis. Les retombées sont d’autant plus étonnantes que personne chez Apple n’aurait pris contact auprès de ces artistes pour les faire parler du produit. Les stars ont joué un rôle déterminant, mais pas prémédité, dit-on chez Apple. « Précisément parce qu’il n’existe pas d’accord commercial avec eux, parce qu’ils restent totalement honnêtes, ils sont les meilleurs ambassadeurs d’Apple. » Depuis, Apple surfe sur la vague. Notamment au moment du lancement de la version Windows puis, surtout, pour le démarrage du service de téléchargement en ligne d’Apple. Ce service doit permettre aux utilisateurs de l’iPod d’alimenter encore plus régulièrement et, directement, leur baladeur et semble, pour l’instant au moins, recueillir l’assentiment à la fois des consommateurs et de l’industrie du disque. À chaque événement, Steve Jobs rassemble le plus de célébrités possible, de Bono à Mick Jagger. En 2003, le président d’Apple fait même la couverture de l’hebdomadaire américain Fortune en compagnie de la chanteuse Sheryl Crow, tous deux raccordés à un iPod ! Au bout de deux mois de commercialisation, le lecteur MP3 signé Apple s’était déjà vendu à plus de 125 000 exemplaires dans le monde. En mars 2002, le fabricant a lancé un deuxième modèle plus puissant, offrant une capacité de stockage de 2 000 titres. À l’été 2002, c’est l’iPod compatible avec Windows qui a débarqué. Depuis, la gamme s’élargit avec un appareil qui contient désormais l’équivalent de 4 000 titres. Cette année, cette capacité a encore été multipliée par 2,5. Les ventes ont dépassé le million d’unités au bout de dix-huit mois sur le marché. Alors que la version Windows de l’iTunes Music Store n’avait pas encore été lancée... Le iPod va-t-il sauver Apple ? Ce n’est pas sûr, car ce segment ne pèse pas assez lourd dans le chiffre d’affaires du constructeur. Mais la musique numérique a donné une nouvelle vigueur à l’inventeur de la micro-informatique. Ce qui ne restera pas sans lendemain. Marque à part entière Demain, on ne parlera peut-être bientôt plus de baladeur MP3 mais d’« iPod ». Un peu comme on parle aujourd’hui de « Stabilo » et de « Kleenex » et non plus de marqueur fluo ou de mouchoir. C’est en tout cas le prochain objectif qu’Apple s’est fixé. Une campagne de communication globale réalisée par l’agence américaine TBWA Chiat Day a été lancée l’été dernier. Dans des films où l’on ne voit que des ombres noires sur des fonds colorés, qui dansent sur plusieurs genres, seul l’appareil est présenté. Sa couleur blanche le distingue. Un seul nom est mis en avant. Pas celui d’Apple, mais « iPod ». Même sur les appareils désormais, ce n’est plus la marque de Steve Jobs qui est mise en avant mais celle du produit. Seul le logo en forme de fruit, en plus petit, rappelle d’où vient le lecteur MP3. Pour entrer dans l’inconscient des consommateurs en tant que véritable « marque catégorie », quoi de mieux que de pénétrer le patrimoine culturel ? Le lecteur numérique d’Apple s’apprête ainsi à faire son entrée au coeur des musées français, en servant de guide audio. Apple y travaille depuis janvier 2002 et vient de signer avec le ministère de la Culture pour effectuer un premier test en grandeur nature au château de Chenonceaux, qui loue à lui seul quelque 350 000 guides par an : à terme, 500 lecteurs MP3 devraient circuler entre les mains des visiteurs. Apple en chiffres

  • CHIFFRE D’AFFAIRES : sur l’année fiscale 2003, clôturée le 27 septembre, Apple a enregistré un chiffre d’affaires de 6,21 milliards de dollars, en hausse de 8,2 %.
  • BÉNÉFICE NET : en 2003, Apple a réalisé un bénéfice net de 69 millions de dollars contre 65 millions de dollars en 2002.
  • EFFECTIFS : Apple emploie 10 000 personnes à travers le monde et environ 200 en France.
  • BOURSE : coté à 22 dollars, le titre est en hausse de plus de 50 % depuis le 1er janvier. A VOIR EGALEMENT :
  • Voir le site Internet du iPod : www.apple.com/fr/ipod/

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Voir tous les Cas d'école © AFP A voir également ................................................... De Kim Le Quoc, LE FIGARO Entreprises, le 15 octobre 2001 ................................................... Avec son design, il devait séduire petites entreprises et libéraux. il n’a jamais trouvé sa clientèle et sa production n’aura duré qu’un an. LE PROBLEME : créer une gamme intermédiaire pour les micro-ordinateurs d’Apple, en espérant percer sur le marché des individus aisés qui les utilisent à leur domicile. LA SOLUTION : tenter de rééditer le succès du modèle iMac en donnant à une machine performante vendue très cher un design révolutionnaire (un cube de 20 centimètres de côté). LE RESULTAT : l’échec est cuisant : trop cher pour les particuliers, trop limité pour les pros, souffrant de défauts techniques, le Cube a mis Apple en déficit. ....................................................... Juillet 2000 : lors d’un salon Apple, à New York, Steve Jobs présente le dernier modèle de la firme qu’il a fondée et relancée. Le micro-ordinateur G4 « Cube » doit être le point de départ d’une nouvelle révolution. Encore une fois, ce bijou technologique surprend le monde entier par son design : il s’agit d’un petit cube d’une vingtaine de centimètres d’arête, enveloppé d’une élégante coque en plastique transparent. Totalement silencieux, ce MacIntosh de dernière génération est également performant, doté du plus puissant processeur de la gamme. Pourtant, cette merveille n’a jamais trouvé son public. Apple a arrêté la production à peine un an plus tard. Au siège d’Apple, à Cupertino, dans la Silicon Valley (Californie), au printemps 2000, on attend beaucoup de cette innovation : le Cube, c’est certain, va régénérer les ventes. Il s’agit, croient les dirigeants, d’attaquer un nouveau marché, celui des prosumers, défini comme un segment intermédiaire entre le grand public (consumers) et le marché professionnel, désormais acquis en quasi-totalité au stan-dard PC. Le coeur de la cible, ce sont donc les petites entreprises, les professions libérales, les indépendants, qui ont besoin d’un matériel puissant mais qui ne sont pas assez techniciens pour avoir l’utilité d’un « G4 » classique, la série professionnelle d’Apple. (...) A VOIR EGALEMENT :

Site officiel de Macintosh

Les caractéristiques techniques du cube

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Voir le cas d'école Pernod Ricard (septembre 2001)

Voir tous les cas d'école Cas d'école MACINTOSH "CUBE" L’ ordinateur qui a tourné court

Voir tous les Cas d'école © AFP A voir également (...) Tenter de séduire ce public grâce à un appareil d’un format totalement inédit est une initiative logique : Steve Jobs, le patron emblématique d’Apple, compte tout simplement rééditer l’opération du iMac, ordinateur familial mais performant lancé en 1998, dont le design, avec un boîtier tout en rondeurs, en plastique translucide et de couleurs vives, a trouvé sa place dans des dizaines de milliers d’appartements, au point de rendre à la marque à la pomme une partie de sa splendeur passée. « C’est l’ordinateur le plus cool de toute la planète », s’enflamme-t-il à propos du Cube lors du lancement. L’objet est consacré par plusieurs trophées de design : exposé à Beaubourg, il sera même élu « produit de l’année » par le magazine Business Week. Las ! Les ventes ne décolleront jamais. Selon les estimations du cabinet d’études Gartner Group, seuls 16 000 exemplaires auraient été écoulés sur l’ensemble du territoire européen et 68 000 aux Etats-Unis, où Apple réalise pourtant plus de la moitié de son chiffre d’affaires global. Une immense attente déçue Quelles sont les raisons d’un échec aussi cinglant ? Apple se refuse à fournir une quelconque explication. Mais ses partenaires, distributeurs, et utilisateurs avancent plusieurs éléments de réponse. Premier handicap du Cube, le nouvel appareil a déçu l’attente immense suscitée parmi les fanatiques du Macintosh trop férus de technique pour se contenter du iMac. Steve Jobs lui-même a renforcé cette attente par sa communication, mais le véritable problème résidait d’abord dans le tarif fixé par le constructeur. « Le Cube était positionné à un prix très élevé », rappelle Olivier Rimmel, porte-parole de l’Association des distributeurs Apple (ADA) : à 15 000 francs (près de 2 300 euros) pour la seule unité centrale, la machine se plaçait d’emblée dans la catégorie des ordinateurs haut de gamme. Qui plus est, les publicités vantaient des configurations inabordables. « Le Cube étant un objet de design avant d’être un ordinateur, il ne pouvait être associé qu’à un écran très design, un écran plat », observe Alain Drozd, président des magasins IC Computer. L’ensemble, unité centrale et moniteur, coûtait au total de 22 500 francs (3 430 euros) à plus de 40 000 francs (presque 6 100 euros) en magasin ! « Nombre d’utilisateurs pensaient qu’ils pourraient tirer un bénéfice supérieur de la machine », résume Sophie Hattier, porte-parole du distributeur CLG Informatique, l’un des commerçants les plus agressifs de la région parisienne. La déception se révélera proportionnelle à ces espoirs. D’abord, les acheteurs de Cube commencent à se plaindre de problèmes de qualité. Par exemple, des fissures semblent apparaître à la surface du boîtier de plastique translucide. Apple se défend : rien de grave, seulement des défauts de soudure au moment du processus de moulage, affectant surtout les séries initiales. Défauts de jeunesse, plaide le constructeur. Mais d’autres difficultés se font jour, plus inquiétantes : certains ordinateurs connaissent des défaillances au niveau de l’alimentation électrique. Des clients se plaignent de machines au comportement erratique, s’allumant ou s’éteignant sans raison apparente. D’autres font état d’interférences électromagnétiques entre l’ordinateur et certains moniteurs. Pour un objet censé frôler la perfection aussi bien esthétique que technique, la multiplication des incidents commence à faire tache ! « A ma connaissance, il n’y a pas eu une seule machine qui ait contenté à 100 % son propriétaire, observe Olivier Rimmel, de l’ADA. Le Cube est vite devenu la machine la moins fiable de la gamme. » Le résultat est rude pour Apple : « Il n’y a pas eu de conversion entre les early adopters (les clients passionnés qui se précipitent sur toutes les nouveautés) et les suiveurs habituels », note Christophe Pradère, directeur général d’Absolut, une agence spécialisée dans le design industriel. Une valeur ajoutée à l’usage discutable Le deuxième handicap du Cube, à en croire plusieurs observateurs, c’est qu’Apple avait conçu un appareil qui n’avait pas de vraie place dans sa gamme. La grille des produits Apple repose en effet sur un système basique, constitué de quatre cases : deux types de produits, les ordinateurs de bureau et les portables, pour deux catégories de marché, le grand public et les professionnels. La troisième catégorie envisagée par les têtes pensantes de Cupertino, le fameux segment milieu de gamme des prosumers n’existe pas. « Apple visait les classes sociales supérieures, les « bobos », ces bourgeois bohèmes aisés qui sélectionnent leurs achats pour revendiquer un certain style de vie, remarque Christophe Pradère, le spécialiste du design industriel. Sauf que des personnes dans cette cible, prêtes à investir des dizaines de milliers francs dans un ordinateur, il n’y en a pas beaucoup. » (...) A VOIR EGALEMENT :

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Voir tous les Cas d'école © AFP A voir également (...) « Les distributeurs n’ont jamais véritablement su pourquoi ils vendaient le Cube, juge Ranjit Atwal, du bureau d’études international Gartner Group. Apple voulait surtout démontrer qu’elle était toujours une compagnie à la pointe de l’innovation, capable de produire quelque chose d’unique sur le marché. » Le constructeur ne se serait jamais véritablement demandé à quoi le Cube pouvait bien servir. De fait, hormis un gain de place incontestable et un silence total, les bénéfices d’usage de la machine n’ont jamais été flagrants. Beaucoup de clients ont donc préféré les G4 classiques, qui avaient en outre l’avantage d’être modulables. La tradition Apple veut en effet que les machines soient faciles à ouvrir et que leur électronique soit modifiable par les utilisateurs eux-mêmes. Malgré son prix, le G4 Cube, par sa petite taille, n’offrait aucune possibilité d’extension. Impossible donc d’augmenter ses capacités, pour le mettre en phase avec les progrès du marché. Si ce Cube aussi différent du reste de la gamme a pu voir le jour, c’est qu’il était difficile de trouver à redire sur un projet personnellement initié par Steve Jobs. A l’origine, ce modèle devait répondre à toutes les exigences de l’utilisateur, fût-il le plus exigeant. Le pari consistait à concevoir un ordinateur aussi parfait à l’extérieur qu’à l’intérieur. « Je suis persuadé que les gens jugent les livres à leur couverture », justifiait-il encore lors du salon Macworld 2000 à New York. En fait, il semble bien que le gourou d’Apple ait voulu commercialiser un appareil qui n’était idéal qu’à ses ropres yeux ! Trois mois de stocks invendus Le troisième handicap de cette machine révolutionnaire est peut-être le plus inattendu : il tiendrait... à son design même. « Pour moi, le Cube reprenait certes des codes formels intéressants, estime Benoît Heilbrunn, spécialiste en gestion du design et professeur à l’Ecole de management de Lyon. Mais ceux-ci n’étaient pas arc-boutés à un véritable projet. Même s’il est beau, le Cube reste dans une forme très technicienne de l’ordinateur, droite, rectiligne, alors que tout le propos d’Apple consiste justement à détechniciser l’ordinateur. » En somme, le « plus » de la marque à la pomme résiderait dans sa capacité à faire oublier que l’on a une machine face à soi. Avec l’iMac, elle y était parfaitement parvenue, cassant les codes esthétiques existants sur le marché de la micro-informatique, et introduisant de la rondeur dans un univers jusque-là très carré. « Le Cube, lui, ne correspondait pas aux valeurs esthétiques d’Apple », estime Benoît Heilbrunn. Rien ne rattrapera ces erreurs. A l’automne 2000, trois mois seulement après le lancement du Cube, Apple prévient que ses bénéfices seront « significativement inférieurs » aux prévisions pour le troisième trimestre. Le manque à gagner est estimé à une somme allant de 150 à 200 millions de dollars. Le démarrage trop lent du Cube se combine à un début de sinistrose sur le marché de la micro-informatique. En Bourse, la sanction est terrible. Le vendredi 29 septembre, le titre Apple dévisse dès l’ouverture et perd 50 % de sa valeur. Signe que la crise est profonde, l’équipe dirigeante se déchire. Le responsable des ventes, Mitch Mandich, démissionne en octobre 2000. Un mois plus tard, c’est au tour du directeur marketing, Steve Wilhite, de quitter le navire. Le design était son affaire : il avait été à l’origine du succès de la Beetle chez Volkswagen et travaillait pour la firme à la pomme depuis avril 1999. En coulisse, on murmure que Steve Jobs aurait tout simplement voulu reprendre le contrôle total sur le marketing de la firme. L’avenir du Cube sera définitivement sabordé par une vague d’offres promotionnelles sauvages à l’échelle mondiale. Des réductions de l’ordre de 2 500 francs par machine sont offertes à condition d’acheter simultanément un écran plat associé. La compagnie espère ainsi réduire ses stocks, qui atteignent alors jusqu’à 11 semaines inimaginable pour une société qui voudrait fonctionner en flux tendus. Entre le 18 juillet 2000 et le 3 juillet 2001, date d’arrêt de la production du Cube, il ne se serait vendu que 141 000 exemplaires à travers le monde. La seule consolation d’Apple, c’est que dans le même temps la marque a enregistré un prodigieux succès avec ses portables, les iBooks : il s’en est vendu en trois mois plus de 180 000 unités. Des ordinateurs qui ont une particularité : ils sont tout en rondeurs Apple en chiffres

  • CHIFFRE D’AFFAIRES 4 milliards de dollars (4,34 milliards d’euros) sur les trois premiers trimestres de l’exercice fiscal 2001, clos le 30 septembre, soit une baisse d’un tiers par rapport à la même période en 2000.
  • RÉSULTAT Les pertes nettes atteignent 91 millions de dollars au terme du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2001 (soit 99 millions d’euros), contre un bénéfice net de 616 millions de dollars (669 millions d’euros) un an plus tôt.
  • EFFECTIFS Apple emploie 10 000 personnes à travers le monde, dont 4 000 au siège social à Cupertino (Californie), 1500 en Europe et 170 en France.
  • BOURSE A 15,45 dollars le 9 octobre, le titre d’Apple a enregistré une progression de 4,47 % depuis le début de l’année, avec un plus haut de 27,12 dollars et un plus bas de 14,44 dollars. Les trois grandes révolutions d’Apple A trois reprises depuis sa création en 1976, la marque à la pomme est parvenue à révolutionner le marché de la micro-informatique. A chaque fois le design était au coeur de l’innovation. Apple II, en 1977, est en fait le tout premier ordinateur personnel commercialisé à grande échelle. Il s’agit de la première machine munie d’un écran et d’un clavier, à une époque où les seuls appareils existants sont des unités centrales qu’il faut raccorder à des périphériques séparés. Moulé dans une coque de plastique beige, il se veut déjà un modèle d’esthétisme. Macintosh, en 1984, est conçu en opposition frontale au PC d’IBM lancé trois ans plus tôt. Il se distingue par sa simplicité d’usage, avec son système d’exploitation incorporé au coeur même de la machine, contrairement au PC, et par sa convivialité. Apple a inventé « l’interface graphique », le bureau virtuel et ses icônes (corbeille, dossiers, applications...) ainsi qu’un accessoire révolutionnaire, la souris. Le Mac, compact et tout intégré, a une forme presque cubique. iMac, en 1998, marque l’avènement de l’ordinateur sympathique. Ce nouveau modèle grand public casse tous les codes, avec ses rondeurs, sa coque translucide et ses couleurs vives. Il marque le début d’une nouvelle ère : celle de la transparence et de la « détechnicisation » de l’informatique. Il s’agit à ce jour du plus grand succès d’Apple. A VOIR EGALEMENT :

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Voir tous les cas d'école 漂流的 sweetbriar 2004-05-15 17:06 引用(Trackback0) 评论 ipod briar ( www.figaroetudiant.com/formation/cas_ecole/ipod.php ) 发表于 2004-05-15 17:09 我的女神~.... 鱼儿 ( www.blogbus.com/blogbus/blog/index.php?blogid=9491 ) 发表于 2004-05-15 17:11 那就赶紧买:) briar ( www.figaroetudiant.com/formation/cas_ecole/ipod.php ) 发表于 2004-05-15 17:13 可惜我看不懂你的分析~ 鱼儿 ( www.blogbus.com/blogbus/blog/index.php?blogid=9491 ) 发表于 2004-05-15 17:57 发表评论 最后更新 瘦削的寂寞 论文摘要 撤消原判 Qu'est ce que le droit en fait? 关于法律 佳能案例分析 cisco案例分析 戴尔案例分析 惠普案例分析 艾格案例分析 创意设计Eros, 模板制作Beney,改版日期2004-05-09 联系作者: Eros , Beney